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 Laurent Minh vu par Olivier Minh Mon nom est Laurent Minh et je suis d'origine Toulousaine. À l'age de dix ans, je voulais devenir ornithologue ! Aux beaux jours, je passais mon temps dans la nature à observer et écouter pendant de longues heures la faune ailée de nos campagnes. De cette expérience, je pense avoir beaucoup appris sur l'écoute des bruits de la forêt, annonçant la venue probable ou impromptue d'un petit volatile. Je passais mes mercredi après-midi au cours de dessin que donnait Michèle, une amie de ma mère. J'aimais, et j'aime toujours, le mélange des couleurs et les traits à l'encre de chine. À l'âge de treize ans, je me passionne pour l'électronique appliquée à l'audio, c'est à cette époque que je construis mes premiers amplificateurs et haut-parleurs. Le virus de l'électronique était en moi, je passais mon temps à expérimenter et à dévorer tous les livres qui parlaient du son. Après une scolarité à peu près normale, j'arrête mes études de physique-chimie pour travailler dans une radio associative "Radio Occitania" à Toulouse. N'ayant pas alors de véritable formation professionnelle, je passe un an de ma vie à apprendre à réparer toutes sortes de machines à coudre dans l'industrie de la confection. C'est à ce moment que j'ai appris réellement à connaître la mécanique de précision, ce qui fût un réel atout pour régler et réparer les magnétophones analogiques. J'ai conçu un automate pour coller et découper des ceintures de pantalon. En parallèle, je fais mes premières expérimentations avec les amplis à lampes ; leur électronique est simple et ça marche. En 1987, je suis embauché aux Studios Polygone pour y effectuer la maintenance de leurs consoles et magnétophones, je conçois une interface pour faire des copies en numérique directement d'un DAT vers un SONY 3324. Je découvre avec bonheur et curiosité le fonctionnement des consoles Neve, SSL ainsi que les premières machines numériques. Je ne reste pas longtemps à Polygone, Christian Roy de la société TEAC-Tascam me contacte pour m'occuper de leurs premières machines multipistes à bande magnétique de la marque (DA-800-24 et DTRS). J'effectue de nombreuses améliorations sur le matériel Tascam en collaborant avec le département R&D de TEAC. TEAC-France devient le premier vendeur dans le monde du magnétophone numérique DA-800-24. Pendant ce temps, je participe à plusieurs enregistrements de disques, en installant des studios mobiles sur site ("Le grand Méchant Zouc" à Pointe-à -Pître avec Laurent et Didier Lozaïc, "Carcassonne" de Stéphane Eicher avec Paul-Henri Wagner et Dominique Blanc-Francard). Je suis ensuite nommé "Product Manager" pour la distribution de Pyramix Virtual Studio par TEAC France. À la fin des années 90, las de Paris, je redescends sur Toulouse et m'associe avec mon frère pour créer la société "MINH Productions", pionnière dans la photographie numérique en France. L'audio étant ma passion première, je décide de monter, en 2000, un studio de mastering. Ayant tout misé dans "MINH Productions", Je ne baisse pas les bras et achète, avec la vente de mes parts, un système Pyramix Mykerinos pour démarrer ma nouvelle activité. En toute confiance dans les critiques que lis, j'investis aussi dans une paire d'enceintes de monitoring de studio, les références de l'époque. Là, stupeur !!! Habitué aux gros systèmes de studio, tels que les TAD/Kinoshita, ou les enceintes Hifi de prestige (je possédais un gros kit trois voies de la maison Focal) : je trouve que tous les disques que j'écoute sur ces moniteurs ont la même couleur, ça sonne à peu près mais c'était aussi flatteur qu'une chaîne Hifi bas de gamme. Je laisse ces écoutes dans un coin et décide alors de faire quelque chose de plus rigoureux, pour essayer de retrouver des sensations que j'avais déjà éprouvé, vous savez, quand on est parcouru par des milliers de petits frissons et qu'on a les poils qui se dressent quand c'est beau. Je rencontre alors Hervé Breton de la Maison du Haut Parleur à Toulouse. J'achète un kit Albedo et achève l'assemblage des enceintes. J'effectue des mesures et commence à traiter le garage (qui avait un vrai son de garage, cela dit en passant) que j'utiliserai comme cabine. Pendant plus d'un an, je fais des mesures et des corrections acoustiques pour obtenir un grave digne de ce nom. Toujours frustré et en perpétuelle interrogation, je demande à Hervé Breton de me conseiller sur une autre solution. Il m'encourage de rajouter un HP de médium, un PHL 1120, un haut-parleur très bien réalisé et pas trop onéreux. J'essaye les bêtes, toutes seules, sans caisse et je me dis : "C'est ça qu'il me faut, j'entends un son qui me rappelle des souvenirs d'antan, quand mon père passait des microsillons sur son antique chaîne à lampes. Je construis les baffles pour y monter les nouveaux médiums, et commence la mise au point. Hervé me dit un jour : "Viens écouter les amplis en classe D ; c'est assez étonnant !". J'étais assez incrédule, j'avais déjà expérimenté des montages PWM issus du magazine Elektor en 1982 et je n'étais pas tout à fait convaincu par leur musicalité. Effectivement, si on laisse tomber les à priori, c'est tout à fait étonnant, par rapport à un ampli en classe A (j'avais plusieurs blocs mono chez moi), le grave est ultra contrôlé, lourd sur certains sons et très aérien sur d'autres. Je me mis en quête d'amplis en classe D et tombe sur des modèles aux caractéristiques particulièrement alléchantes : distorsion ultra faible sur toute la bande passante indépendante de l'impédance de charge. Je fais l'acquisition d'une paire de ces modules Hypex UcD180HG, les écoute et commande immédiatement leurs grands frères les UcD400HG. Je mets au point la topologie de filtrage : pas d'égalisation, pas de filtre actif et que du passif du 1er ordre. Après rodage des PHL et "Tweaks" de ceux-ci, Hervé effectue les dernières mises au point des filtres de raccordement. Depuis, le système n'a pas bougé d'un 10ème de dB. Mes clients sont enthousiastes, ils entendent une multitude de petits détails qui ne sont pas retranscrits correctement sur d'autres systèmes. Je travaille beaucoup sur la micro-dynamique, ces sons infimes qui donnent de l'air et de la vie à la musique et je suis heureux que mes clients puissent entendre tout ce que je fais. L'aventure n'est pourtant pas terminée, j'ai plein de projets en tête, mais j'en parlerai plus tard.
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